Biais cognitif : une nouvelle expression dans les médias

Une  nouvelle expression surgit dans les médias . Nous allons voir ce que cela désigne et si cela peut nous inciter  à mal juger lorsque nous tentons de comprendre un de nos semblables, et  en astrologie, à mal analyser.

L’expression  biais cognitif désigne la tendance systématique de notre cerveau à déformer la réalité, sans que nous en ayons conscience.

Le terme est aujourd’hui très utilisé en psychologie, en économie comportementale, en marketing et, même dans le débat public (par exemple sur l’énergie dans le logement au sujet de la climatisation). Il est cependant parfois employé de manière excessive. Dire à quelqu’un :  « Vous avez un biais cognitif »  ne constitue pas une démonstration. Il faut encore montrer  sur quels faits on s’appuie.

Ce ne sont pas des erreurs volontaires, mais des raccourcis mentaux que notre cerveau utilise pour décider rapidement.

On peut les comparer à des  lunettes invisibles  qui colorent notre perception du monde. Elles nous permettent souvent d’aller vite, mais elles peuvent aussi nous conduire à des jugements inexacts.

Autrement dit, les biais cognitifs sont des outils utiles pour comprendre nos limites, mais ils ne doivent pas devenir une explication universelle permettant d’écarter toute idée qui dérange.

L’intérêt de connaitre cette tendance mentale est d’inciter chacun à examiner son propre raisonnement avec davantage d’esprit critique, plutôt que de les utiliser comme une étiquette pour discréditer celui des autres. Quelques nuances parmi les plus connues :

Le biais dit d’ancrage : la première information reçue, influence fortement notre jugement. Par exemple, une société dans laquelle est profondément ancrée l’idée qu’une femme doit avant tout être épouse et mère risque de juger plus sévèrement une femme qui s’affranchit de ces normes, cet ancrage culturel influence la perception avant même l’examen objectif de la personne. 

Le biais dit de confirmation : nous retenons plus facilement les informations qui confirment ce que nous pensons déjà et, nous accordons moins d’attention à celles qui nous contredisent. C’est probablement le biais le plus étudié : à cause des nouvelles des médias nous  faisons des généralités. 

Le biais dit  d’autorité : nous avons tendance à croire davantage une affirmation parce qu’elle vient d’une personne reconnue comme experte, même si cette personne peut se tromper.

Le biais dit de disponibilité : nous jugeons un phénomène plus fréquent qu’il ne l’est réellement parce que des exemples nous viennent facilement à l’esprit : après avoir vu plusieurs reportages sur des accidents d’avion, certaines personnes pensent que l’avion est devenu très dangereux, alors que les statistiques ne montrent pas nécessairement une augmentation du risque.

L’effet de halo : lorsqu’une personne nous fait une bonne première impression, nous avons tendance à lui attribuer d’autres qualités, sans preuve.

À l’inverse, une mauvaise première impression peut nous conduire à sous-estimer ses compétences.

Mais dans l’histoire des sciences, de nombreuses découvertes sont justement nées parce que des chercheurs ont pris au sérieux des faits qui ne correspondaient pas aux modèles admis. C’est un point important, car la notion de biais cognitif ne signifie pas que toute intuition  est fausse : une observation répétée peut conduire à remettre en cause une théorie existante. 

À l’inverse, il arrive aussi que nos intuitions nous trompent. La difficulté consiste donc à distinguer ce qui relève d’une véritable observation reproductible, de ce qui résulte d’un biais de perception.