Nous quittons la Vierge, qui analyse, trie et corrige, pour entrer dans un signe qui cherche à établir une juste relation entre les personnes, les intérêts et les forces en présence. Actuellement le contrat social semble rompu et ce n’est pas un hasard si les rentrées sont si mouvementées.
La Balance introduit la relation avec le monde, les autres, le droit, la recherche d’accords, mais aussi l’hésitation, lorsque l’équilibre dépend de concessions difficiles. C’est le signe du couple, l’un des deux signes que maitrise Vénus, celui de l’amour courtois, plus raffiné, plus doux.
Pourquoi aimer, et qui aimer ? On dira : « Je ne l’ai pas aimé pour sa situation financière, je l’ai aimé d’abord pour ce qui il était ». Le couple est fait d’une attirance physique forte , puis elle est la rencontre de deux consciences qui se conjuguent à la même personne. Sans cette mesure identique de toutes choses, l’attirance physique ne suffirait pas. « Aimer ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder dans la même direction » écrivait Saint-Exupéry dans Vol de Nuit.
Actuellement, le rêve du prince charmant des contes de fées, se fait souvent par les réseaux sociaux, qui sont résolument sous le signe de la Balance, on like sur Facebook, on se dit à tout propos « je vous aime » dans les séries. Il n’y a plus de pudeur dans les sentiments, ni ailleurs, mais les sentiments ne durent pas, et les photos restent. Le téléphone devient le compagnon, l’ami de ceux qui devraient marcher, faire du sport, ou de la musique ensemble. Pour beaucoup, le mythe de l’inconnu parfait, de l’âme sœur qui l’attend peut-être à l’autre bout d’un pays, est valorisé par les médias.
Le prince charmant ment souvent, car il a peur de faire des avances directement
– les « râteaux » que son père avait accepté vaillamment » – alors il se cache derrière une fiche, son mode d’emploi comme un robot ménager, qui n’a donc aucun défaut, parce qu’il se vend comme un produit dont on affiche le rapport qualité-prix.
Dire « je mets toutes les chances de mon côté » en arrangeant la vérité, c’est se penser objet : du coup, cette façon de voir les choses donne aux hommes un droit de propriétaire, et si la conquête fait mine d’avoir des velléités d’exister, cela peut finir très mal.
Certaines personnes isolées n’ont pas le choix, d’autres sont désireuses d’essayer celui qui ne viendrait pas spontanément faire sa demande, parce qu’il ou elle, se
trouve moche, banal, pas au niveau des pubs qui s’affichent partout, d’autres veulent tirer le gros lot au sens propre et figuré. Or il y a souvent des déceptions, parce que les castes sociales existent toujours, et que même si des patrons épousent leur secrétaire, la plupart du temps, ils se contentent de les « sauter ».
Les femmes sont tellement seules dans le monde pour des raisons diverses, que les japonaises n’ont pas peur de dire qu’elles parlent à un homme fictif sur leur téléphone, et parmi elles – celles qui en ont les moyens – paient pour sortir avec un Escort-boy régulier pour qu’il leur dise qu’elles sont belles, désirables et intelligentes. Elles savent que ce ne sont que des paroles payées, mais cela leur fait du bien d’être flattées par ces hommes. Dans certaines traditions, on achète la femme, la femme maintenant paie aussi l’homme : on appelait cela autrefois un gigolo.
Comme la nature humaine est censée être au-dessus de la nature sauvage, avec une intelligence adaptative, la femme subit le fait qu’elle ait voulu renverser l’ordre des choses qui a toujours été « moi Tarzan, toi Jane » , mais comme elle fait partie de l’espèce la moins bien pourvue du point de vue de l’instinct, elle va de désillusion en désillusion. Les plateaux de la Balance sont instables : on parle vite d’injustice, de jalousie, d’envie.
L’homme qui n’aime pas qu’on lui force la main, a vite trouvé la parade en se retirant de l’affaire, car il n’est pas question qu’il asservisse sa masculinité.
Cette lecture, actuellement gagne du terrain ; les couples se séparent, dans les deux premières années après le premier enfant, car c’est l’heure de vérité : il n’y a pas encore de robot pour s’occuper du bébé !
Tout cela va bien plus loin : certains hommes et même certaines femmes, s’ils ont la chance d’avoir trouvé le conjoint « idéal », ne veulent plus d’enfants, entendant seulement profiter de la vie, avec deux salaires qui leurs assurent la sécurité, sinon le luxe. Pour leurs parents, on votera une loi de fin de vie pour les indigents, les malades, et les dégoutés de l’existence, et la boucle sera bouclée. Némésis, la justice aveugle, a perdu tant de causes, qu’on ne sera pas étonné qu’elle ait perdu celle-là dans un monde où tout s’achète, sauf l’amour.
Nous en venons maintenant au volet purement astrologique de la Balance en 2026 : depuis quelque temps, les Pleines Lunes se rapprochent des entrées du Soleil dans
les signes, et semblent presque inaugurer avec lui une nouvelle séquence.
Le Soleil entre en Balance le 23 septembre 2026 à 2h05, heure française.
La Pleine Lune se forme le 26 septembre à 18h49 – à 3°36 de l’axe Bélier–Balance. Seulement trois jours les séparent.
L’entrée du Soleil en Balance correspond à l’équinoxe : le jour et la nuit retrouvent symboliquement un équilibre.
Pourquoi ces rapprochements se répètent-ils, y a t il des conséquences sur le plan astrologique ?
Ce rapprochement provient du décalage naturel astronomique entre le mois lunaire et le parcours mensuel du Soleil, mais il ne constitue pas en lui-même un phénomène exceptionnel. 
Je traiterais d’abord l’entrée du Soleil, sans approfondir tous les aspects, qui sont nombreux.
Le Soleil forme l’axe d’une configuration en cerf-volant en s’opposant à Neptune en Bélier à 3°, sextile à Pluton 3°, éclairant un refus de voir, avec pas mal d’illusions, les situations de crises, cependant il fait un trigone avec Uranus et Pluton, ce qui lui assure certaines facilités pour le changement, d’une façon plutôt autoritaire.
Le Soleil, peu conciliant, fait un sesquicarré avec la Lune en Verseau qui refuse de céder sa liberté, et qui fait cavalier seul , d’autant qu’elle sort d’une conjonction avec Pluton explosive, et va vers le noeud nord en Verseau qui indique un réveil appelé l’Éveil. Comme elle est en sesquicarré avec Jupiter, toujours sur de lui, l’affrontement est possible, Jupiter étant lui-même convaincu que ses rêves pourraient se réaliser : on en voit qui y croit aux plus hauts sommets des états.
L’opposition de Mars à 27°direct en Cancer à Pluton à 3° Verseau, indique qu’un affrontement très violent va se développer au cours de ce transit.
Ces oppositions sont dissociées car les planètes sont soit en fin de signe, soit en début, ce qui complique encore les interprétations : nous sommes entre deux chaises « ni vraiment oppositions , ni vraiment autre chose, comme Pluton Verseau en air et Mars encore en Cancer, eau », ce sera plus opposé et très vite plus agressif quand Mars passera en Lion !
Malgré tout, Mars trigone Neptune et Sextil Soleil, est maitre du Bélier qui fait face au Soleil : pourrait-il y avoir le consensus voulu par le Soleil en Balance, durant ce mois-ci ?
Quant à la Lune qui suit, qui termine le cycle du mois lunaire en Poissons durant deux jours, auquel succédera la pleine Lune en Bélier-Balance sur les premiers degrés du signe, elle enverra un signal fort : A la lune décroissante, les dès sont joués.
L’incidence de cette proximité donne un relief particulier aux premiers degrés des signes, qui n’ont plus le caractère d’une installation progressive et sont aussitôt placés sous une forte lumière lunaire et, à peine une nouvelle orientation solaire est-elle introduite qu’elle se trouve confrontée à son opposé, comme si chaque changement devait immédiatement révéler ses tensions, ses résistances et leurs conséquences (Ce sera encore comme cela durant plusieurs signes).*
Le message de cette opposition est que l’axe Bélier–Balance concerne le rapport entre l’individu et la relation, l’initiative personnelle et la décision commune, l’action immédiate et la prise en considération des conséquences, une situation jusque-là maintenue par politesse, habitude ou crainte du conflit, qui peut atteindre son point de saturation (exemple du prix des carburants).
La Lune en Bélier ne supporte plus les arrangements qui étouffent le désir ou empêchent l’action, et le Soleil en Balance rappelle qu’une liberté conquise sans égard pour autrui, ne fonde aucun équilibre durable et que même s’il recherche un nouvel équilibre, la Lune vient lui rappeller qu’aucun accord véritable ne peut être construit sur l’effacement des individus !
La Balance dit : Tenons compte de l’autre et le Bélier répond : Je ne veux pas disparaître dans le compromis.
.Jusqu’où faut-il négocier ? À partir de quel moment le compromis devient-il une renonciation à soi-même ?
Quand l’affirmation personnelle cesse-t-elle d’être légitime, pour devenir brutale exclusivement centrée sur ses propres désirs ?
* Soleil en Scorpion vers le 23 octobre, Pleine Lune le 26 octobre ,
Soleil en Sagittaire vers le 22 novembre, Pleine Lune le 24 novembre ,
Soleil en Capricorne le 21 décembre, Pleine Lune le 23 décembre.
